Les plastiques alimentaires
Tous les plastiques sont fabriqués à partir de dérivés pétroliers, donc contiennent des noyaux phénols que l’on trouve également dans de nombreuses substances naturelles comme les hormones.
Quand une molécule utilisée pour la fabrication de matière plastique a une configuration voisine de celle d’une hormone, elle peut interagir avec le récepteur de celle-ci, devenant ainsi un perturbateur endocrinien. C’est le cas en particulier des phtalates et du bisphénol A (BPA). Ce dernier avait été à l’origine synthétisé pour être utilisé comme œstrogène de synthèse ! Puis la firme Bayer s’en ai servi comme constituant du polycarbonate.
Les phtalates et le BPA semblent préoccupants pour la santé humaine. Un taux urinaire élevé de BPA est lié, sans causalité démontrée, à une incidence accrue de maladies cardio-vasculaires, diabète type 2 et l’élévation des enzymes hépatiques (étude NHANES). On soupçonne également une relation avec la baisse de la fertilité chez l’homme et une influence sur les cancers de la prostate et du sein (activité oestrogénomimétique). D’autres travaux montrent un rôle sur l’hyperactivité, les défenses immunitaires intestinales, l’insulinorésistance, l’obésité etc.
Il existe une nomenclature en 7 catégories des matières plastiques au contact des denrées alimentaires; le numéro est toujours inscrit sur l’emballage :
1 : PETE ou PET (polyéthylène téréphtalate) se trouve dans les bouteilles d’eau (source, minérale, gazeuse) en plastique souple, transparent ou coloré
2 : HDPE ou PEHD (polyéthylène de haute densité) constitue les flacons en plastique rigide (bouteilles de lait stérilisé) et les boites rigides de conservation ou stockage des aliments. Certaines sont présentées comme prévues pour l’utilisation au micro-ondes sans qu’on soit certain que toutes les études aient été effectuées.
3 : PVC (polychlorure de vinyle) : films alimentaires étirables ; contient souvent des BPA et des phtalates pour augmenter la souplesse. Conduites d’adduction d’eau potable.
4 : LDPE OU PEBD (polyéthylène de basse densité) : sacs en plastique, films d’emballage
5 : PP (polypropylène) : bouchons en plastique des bouteilles, boites hermétiques de conservation d’aliments. Biberons récents sans BPA
6 : PS (polystyrène) : emballages isolants, barquettes de produits frais (poissons, charcuterie, yaourts, gobelets)
7 : PC (polycarbonates) contenant le BPA à éviter: plastique dur des biberons, bouteilles transparentes ou colorées, bonbonnes de fontaine d’eau, bols transparents des robots-cuiseurs ; ce code s’applique aussi à tous les autres plastiques n’appartenant pas aux catégories 1 à 6 dont le PES (polyethersulfone) et le PSU (polysulfone). On retrouve le PBA dans les résines époxy ou laques qui tapissent l’intérieur des boites de conserves contenant des aliments acides (tomates, ananas, salades de fruits etc.). Ces résines protègent l’aliment de l’oxydation de la boite métallique. On la trouve aussi sous le couvercle métal des pots en verre ou dans les canettes de boissons. Le BPA se trouve aussi sur les tickets de caisse et autres supports papier utilisant l’impression thermique.
Les biberons en plastique sans BPA contiennent du PP (5) –moins transparent et moins solide-, ou le PES, plastique très rigide à base de bisphénol S (BPS)
L’ANSES estime que l’exposition in utero et jusqu’à l’âge de 3 ans constitue la période critique d’exposition au BPA et rappelleque la pré-puberté et la puberté sont des périodes très sensibles aux perturbateurs endocriniens.
Une enquête ELFE a été lancée en France en 2011 sur 20 000 enfants. Les résultats sont attendus dans 20 ans…
Source : interview d’Eric Houdeau, chercheur à l’INRA Toulouse dans Pediatrie Abstract Impact Santé n°244, mai 2011