Suppositoires contre la toux chez le jeune enfant : bientôt interdits!

A partir du 16 décembre 2011, les suppositoires contenant des dérivés terpéniques (camphre, cinéole, niaouli, thym, citral, menthol, huiles essentielles d’aiguilles de pin, eucalyptus et térébenthine) seront contre-indiqués chez les enfants de moins de 30 mois ainsi que chez les enfants ayant des antécédents d’épilepsie et de convulsion fébrile.

La durée de traitement ne doit pas dépasser 3 jours en raison des risques liés à l’accumulation des dérivés terpéniques dans les tissus et dans le cerveau et du risque de brulure rectale.

Sont donc supprimés du marché :

- Bronchorectine au citral nourrisson

- Terpone nourrissons

- Bronchodermine nourrisson

- Trophires et Trophires composé nourrissons

Sont désormais contre-indiqués avant 30 mois ainsi qu’en cas d’antécédent d’épilepsie ou de convulsion :

- Pholcones bismuth enfant

- Coquelusedal enfant

- Eucalyptine enfant

- Bronchorectine au citral enfant

- Terpone enfant

- Biquinol enfant

- Bronchodermine enfant

- Trophires enfant et trophires composé enfant

- Ozothine enfant

- Ozothine à la diprophylline enfant

actualité rougeole 2011

Le bilan actualisé de l’épidémie de rougeole qui sévit en France depuis 2008 confirme les craintes des autorités sanitaires de santé qui, en mars 2011, évoquaient déjà une « épidémie de très grande ampleur » et un risque d’augmentation des formes graves. La troisième vague épidémique a été plus importante que les deux vagues antérieures « avec un pic atteint en mars 2011 et une décroissance des cas depuis », explique l’Institut de veille sanitaire (InVS) cité dans le Quotidien du Médecin du 12 septembre.

Pour les sept premiers mois de l’année, près de 14 500 cas ont été notifiés, dont 15 ont présenté une complication neurologique, 639 une pneumopathie grave et 6 sont décédés. Par rapport à 2010, le nombre de cas est presque 3 fois plus important (5 071 cas notifiés), le nombre de formes graves a plus que doublé (8 encéphalites et 287 pneumopathies graves) et celui des décès a triplé. Depuis le 1er janvier 2008, ce sont plus de 21 000 cas qui ont été déclarés en France.

« Cette recrudescence de la rougeole en France est d’autant plus grave qu’elle concerne plus particulièrement les jeunes nourrissons et les adultes », déclare l’Académie nationale de médecine. La rougeole « devient peu à peu aussi une maladie de l’adulte puisque 40 % des cas en 2011 concernent des adultes, dont 30 % sont hospitalisés », souligne-t-elle. Depuis 2008, la proportion des cas signalés de 20 ans et plus n’a cessé d’augmenter : 17 % en 2008, 23 % en 2009 et 34 % en 2010.
L’ Académie s’inquiète également de l’insuffisance de la couverture vaccinale, d’autant plus que l’on « sait depuis la fin des années 1980 que l’élimination de la rougeole ne sera possible qu’avec une couverture vaccinale de 95 % et une deuxième dose de vaccin . Cette couverture importante s’explique par la très forte contagiosité du virus de la rougeole, avec un taux de reproduction de base (ou Ro) de 15 à 20 (un malade peut contaminer entre 15 et 20 personnes) bien plus élevé que celui de la grippe qui est de 2-4.

« En 2010, on constate que 82 % des 5 021 cas à statut vaccinal connu ne sont pas vaccinés et que 13 % n’ont reçu qu’une seule dose de vaccin triple », rappelle le Pr Pierre Bégué ( commission des Maladies infectieuses et médecine tropicale de l’Académie).

« Il est urgent de renforcer la vaccination du nourrisson et d’appliquer rigoureusement les mesures concernant le rattrapage vaccinal des enfants, adolescents et jeunes adultes jusqu’à l’âge de 31 ans », poursuit-il. Selon les nouvelles recommandations du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) telles qu’elles apparaissent dans le calendrier vaccinal 2011, tous les sujets nés entre 1980 et 1991 (âgés entre 20 et 31 ans) qui n’ont jamais été vaccinés doivent recevoir deux doses de vaccins au lieu d’une seule dose comme antérieurement. Cette mesure prise dans un souci de simplification (la même stratégie pour tous les sujets de plus de 1 an) devait permettre d’améliorer, selon le HCSP, « l’adhésion insuffisance des professionnels de santé et du grand public. L’enjeu est important en raison du contexte de recrudescence de la rougeole en Europe. Selon l’OMS-Europe, 38 pays avaient rapporté plus de 7 000 cas au 6 mai 2011, la majorité étant des cas français. « La France connaît maintenant la plus forte épidémie et contamine les pays voisins », conclut l’Académie.

“5 fruits et légumes par jour”, c’est vrai aussi pour les enfants ?

“Docteur, je viens vous voir car mon fils ne mange aucun fruit ni aucun légume! Il ne veut que des pâtes et des frites…Il va tomber malade !”

Quel médecin n’a pas eu à répondre à cette plainte maternelle, souvent en fin de consultation sur le pas de la porte ?

Le slogan qui fait le titre de ce billet a eu une répercussion médiatique fantastique, et c’est très bien pour les adultes. La principale étude scientifique sur l’intérêt des végétaux riches en antioxydants et fibres a démontré leurs effets dans la prévention des cancers notamment du colon chez les hommes adultes. Rien n’a été démontré chez la femme et l’enfant. On ne fait qu’extrapoler… Il n’existe pas en France chez l’enfant de pathologie ou de problèmes de croissance liés à une trop faible consommation de fruits ou de légumes. Cela ne veut pas dire que les enfants n’en ont pas besoin, ce sont d’excellentes sources de vitamines et de fibres mais les forcer à en manger 5 par jour est inutile. Une dose quotidienne de fruit ou de légume est suffisante et facile à donner et la situation doit être dédramatisée. Bien entendu, si l’enfant en veut plus, pas de raison de le limiter!

Le vrai problème est de lutter contre la néophobie en sachant que c’est entre 2 et 10 ans que les habitudes alimentaires se mettent en place. Même si l’enfant refuse systématiquement les légumes, conseillez aux parents de les lui proposer régulièrement. Ainsi,  ils ne seront plus pour lui des aliments “inconnus”. Parfois, il est nécessaire de représenter plus de vingt fois l’aliment, des jours différents, sous une forme différente, pour le lui faire accepter.

Un peu d’imagination ou la consultation de quelques ouvrages simples de cuisine permettent de trouver de nombreux artifices pour ne pas condamner les malheureux enfants à la sempiternelle soupe de légumes, aux légumes fades, trop cuits et amers ou aux haricots verts tristounets : il suffit de faire des purées de couleurs étonnantes aux tons vifs et présentées de façon amusante (épinards, courgettes, laitues, choux-fleurs, brocolis, endives, carottes, potiron etc.), du riz à la tomate, aux épinards, à la citrouille ou aux légumes avec des morceaux d’omelette et de jambon, des risottos divers, de la semoule aux petits pois,des  tartes aux légumes, des crêpes fourrées, des minipizzas à la salade composée,des palets de céréales aux légumes etc. Rappelons aussi qu’au rayon surgelé des grandes surfaces, on trouve des gratins divers, des timbales de mousse, des palets, des beignets de légumes et toutes sortes de potages plus appétissants les uns que les autres…

Source : Bien nourrir son bébé. Éditions Odile Jacob

Les risques du collier d’ambre « pour les dents »…

Je suis toujours très sceptique quant à l’efficacité des fameux colliers d’ambre pour nourrissons, vendus notamment…en pharmacie et destinés parait-il à diminuer les douleurs et effets secondaires des poussées dentaires… Je ne manque pas une occasion pour en signaler aux parents le réel danger de strangulation lorsque je constate ce « bijou » autour du cou de leur bébé.

Le plus souvent la maman comprend et enlève devant moi le collier.

Dernièrement, dans la région, un jumeau de 1 an s’est pendu en coinçant son collier d’ambre dans le bras du mobile au dessus du lit à barreaux. Ce tragique accident a fait l’objet d’un article dans la rubrique faits divers  du quotidien local et de nombreuses personnes l’ont lu.

Il y a quelques jours, je reçois un bébé de 1 an dont le cou est décoré et je réitère ma mise en garde en rappelant le cas médiatique du jumeau décédé.

Qu’elle ne fut pas ma surprise d’entendre la mère me répondre : «Je sais, je l’ai lu dans le journal. J’ai enlevé le mobile de son berceau…!”

Maladie coeliaque : critères diagnostiques

La maladie coeliaque ou enteropathie par sensibilisation au gluten est un important problème de santé publique. Sa prévalence est de 1 à 2%. C’est une affection auto-immune où la transglutaminase cellulaire est le principal auto-antigène. Le diagnostic repose toujours aujourd’hui sur la biopsie intestinale mais de nombreuses techniques devraient bientôt lui succéder.

Les auto-anticorps antitransglutaminase (ou antiendomysium) sont les tests sérologiques les plus performants (sensibilité près de 100%). Il faut cependant éliminer un déficit en IgA par un dosage pondéral de ces immunoglobulines. En effet, une baisse des IgA sériques peut se voir au cours de la phase active de la maladie coeliaque et entrainer une fausse négativité des IgA antitransglutaminase. Les anticorps anti-gliadine ne doivent plus être utilisés (recommandation HAS).

La mise en évidence des auto-anticorps dans différents milieux : plasma, salive, selles, peau etc. font l’objet de nombreuses recherches

La recherche des gènes de susceptibilité (HLA DQ2 et DQ8) est positive chez 95% des sujets atteints de maladie coeliaque.

La vidéocapsule endoscopique est en plein développement et des systèmes embarqués de biopsie de muqueuse sont à l’étude. De même les techniques d’endoscopie confocale permettent d’obtenir des images proches de la microscopie et de nature histologique.

On le voit, les critères diagnostiques du futur s’approchent à grands pas…

(D’après JP.OLIVES, Réalités pédiatriques n°161, juin 2011)

Mise au point sur les plastiques alimentaires

Les plastiques alimentaires

Tous les plastiques sont fabriqués à partir de dérivés pétroliers, donc contiennent des noyaux phénols que l’on trouve également dans de nombreuses substances naturelles comme les hormones.

Quand une molécule utilisée pour la fabrication de matière plastique a une configuration voisine de celle d’une hormone, elle peut interagir avec le récepteur de celle-ci, devenant ainsi un perturbateur endocrinien. C’est le cas en particulier des phtalates et du bisphénol A (BPA). Ce dernier avait été à l’origine synthétisé pour être utilisé comme œstrogène de synthèse ! Puis la firme Bayer s’en ai servi comme constituant du polycarbonate.

Les phtalates et le BPA semblent préoccupants pour la santé humaine. Un taux urinaire élevé de BPA est lié, sans causalité démontrée, à une incidence accrue de maladies cardio-vasculaires, diabète type 2 et l’élévation des enzymes hépatiques (étude NHANES). On soupçonne également une relation avec la baisse de la fertilité chez l’homme et une influence sur les cancers de la prostate et du sein (activité oestrogénomimétique).  D’autres travaux montrent un rôle sur l’hyperactivité, les défenses immunitaires intestinales, l’insulinorésistance, l’obésité etc.

Il existe une nomenclature en 7 catégories des matières plastiques au contact des denrées alimentaires; le numéro est toujours inscrit sur l’emballage :

1 : PETE ou PET (polyéthylène téréphtalate) se trouve dans les bouteilles d’eau (source, minérale, gazeuse) en plastique souple, transparent ou coloré

2 : HDPE ou PEHD (polyéthylène de haute densité) constitue les flacons en plastique rigide (bouteilles de lait stérilisé) et les boites rigides de conservation ou stockage des aliments. Certaines sont présentées comme prévues pour l’utilisation au micro-ondes sans qu’on soit certain que toutes les études aient été effectuées.

3 : PVC (polychlorure de vinyle) : films alimentaires étirables ; contient souvent des BPA et des phtalates pour augmenter la souplesse. Conduites d’adduction d’eau potable.

4 : LDPE OU PEBD  (polyéthylène de basse densité) : sacs en plastique, films d’emballage

5 : PP (polypropylène) : bouchons en plastique des bouteilles, boites hermétiques de conservation d’aliments. Biberons récents sans BPA

6 : PS (polystyrène) : emballages isolants, barquettes de produits frais (poissons, charcuterie, yaourts, gobelets)

7 : PC (polycarbonates) contenant le BPA  à éviter: plastique dur des biberons, bouteilles transparentes ou colorées, bonbonnes de fontaine d’eau, bols transparents des robots-cuiseurs ; ce code s’applique aussi à tous les autres plastiques n’appartenant pas aux catégories 1 à 6 dont le PES (polyethersulfone) et le PSU (polysulfone). On retrouve le PBA dans les résines époxy ou laques qui tapissent l’intérieur des boites de conserves contenant des aliments acides (tomates, ananas, salades de fruits etc.). Ces résines protègent l’aliment de l’oxydation de la boite métallique. On la trouve aussi sous le couvercle métal des pots en verre ou dans les canettes de boissons. Le BPA se trouve aussi sur les tickets de caisse et autres supports papier  utilisant l’impression thermique.

Les biberons en plastique sans BPA contiennent du PP (5) –moins transparent et moins solide-, ou le PES, plastique très rigide à base de bisphénol S (BPS)

L’ANSES estime que l’exposition in utero et jusqu’à l’âge de 3 ans constitue la période critique d’exposition au BPA et rappelleque  la pré-puberté et la puberté sont des périodes très sensibles aux perturbateurs endocriniens.

Une enquête ELFE a été lancée en France en 2011 sur 20 000 enfants. Les résultats sont attendus dans 20 ans…

Source : interview d’Eric Houdeau, chercheur à l’INRA Toulouse dans Pediatrie Abstract Impact Santé n°244, mai 2011

Pourquoi ce blog ?

Le livre Votre Enfant a été réédité à de très nombreuses reprises, la dernière édition date de 2006. Ce livre est complété par le site www.votre-enfant.com, qui ajoute de nombreux médias.

Il m’a semblé qu’aujourd’hui les nouvelles infos en pédiatrie pouvaient être publiées sur un blog, lui même complété par une présence sur Twitter.

Vous trouverez donc ici des infos sur la pédiatrie et sur son actualité, des histoires médicales aussi (toujours modifiées pour ne pas permettre l’identification et respecter le secret professionnel).

Vos commentaires seront bienvenus.

Bien sûr il ne sera pas possible de répondre à des questions personnelles ni de faire des consultations ici.

A vous de me dire si vous appréciez ce blog.